Traduction

dimanche 27 avril 2008

La langue turque doit être absolument pratiquée si l’on ne souhaite pas que le patrimoine linguistique mondial s’appauvrisse.

Le supplément du quotidien turc Hürriyet, publié le 23 avril 2008 en Europe, s’intitule ainsi : « Il faut absolument parler turc à la maison »

Il s’agit d’un message adressé aux ressortissants turcs vivants à l’étranger. L’accent est mis sur l’importance de l’enseignement et de la pratique de la langue turque.

De nombreux professeurs et chercheurs turcs expriment dans ce supplément leur point de vue sur la question afin d’attirer l’attention des familles turques et de les sensibiliser à leur langue.

Les arguments avancés en la faveur de la langue turque sont extrêmement convaincants et prouvent à quel point cette langue est fondamentale pour les enfants turcs vivant loin de leur patrie.

Ce supplément spécialement dédié à la langue turque est riche en arguments. C’est la raison pour laquelle il serait très intéressant d’en citer quelques uns dans l’objectif de montrer le rôle fondamental de la LANGUE MATERNELLE. Ils ne se restreignent pas uniquement à la langue turque et sont aussi valables pour les autres langues. Il faut juste savoir que ceux sont bien des professeurs et chercheurs turcs, citoyens de l’Etat turc, qui donnent les arguments suivants :

Hanife Durmuş, professeur de la langue turque à l’école Heinrich-Wolgast (Alllemagne) :

« Anadilin önemi tespit edilmiştir »

« L’importance de la langue maternelle est prouvée ».

« Ayrıca, Alman ve diğer uluslardan olan çoçuklar arasında Türk kökenli öğrenci ‘bakın benim de kimliğim ve kültürüm var’ gibi kendisine daha fazla güveni oluyor ».

« Par ailleurs, l’élève d’origine turque qui est parmi les enfants allemands et originaires d’autres pays est en mesure de dire ‘regardez, j’ai aussi une identité et une culture’, ce qui renforce sa confiance en soi ».

Faisons un exercice simple qui consiste à remplacer les adjectifs « Turc » par « Kurde » et « Allemand » par « Turc ». Supposons que la scène se passe en Turquie et non en Allemagne. Nous reprenons l’argument ci-dessus en faisant l’exercice en question.

« Ayrıca, Türk ve diğer uluslardan olan çoçuklar arasında Kürt kökenli öğrenci ‘bakın benim de kimliğim ve kültürüm var’ gibi kendisine daha fazla güveni oluyor ».

« Par ailleurs, l’élève d’origine kurde parmi les enfants turcs et originaires d’autres pays est en mesure de dire ‘regardez, j’ai aussi une identité et une culture’, ce qui renforce sa confiance en soi ».

Continuons le même exercice avec d’autres arguments.

Pınar Kapan, professeur de la langue turque à l’école Heinrich-Wolgast (Alllemagne) :

« Anadil duygu ve kültürün ifasesidir »

« La langue maternelle est l’expression des sentiments et de la culture »

« Bazı kişiler
Türkçe şiir, şarkı dinliyor ama bunun ne ifade ettiğini pek bilmiyor. Işte bu çok önemli bir etkendir. Anadilini iyi bilenler duygularını kültürlerini çok daha iyi ifade ediyor ve duygunun ne anlama geldiğini anlatabiliyor. »

« Certaines personnes écoutent des poèmes et chansons en
turc mais ne comprennent pas vraiment le message délivré. Ceci est donc un facteur très important. Ceux qui maîtrisent parfaitement leur langue maternelle expriment très bien leurs sentiments et décrivent aisément leur culture. Ils savent aussi expliquer ce que les sentiments signifient »

« Bazı kişiler
Kürtçe şiir, şarkı dinliyor ama bunun ne ifade ettiğini pek bilmiyor. Işte bu çok önemli bir etkendir. Anadilini iyi bilenler duygularını kültürlerini çok daha iyi ifade ediyor ve duygunun ne anlama geldiğini anlatabiliyor. »

« Certaines personnes écoutent des poèmes et chansons en
kurde mais ne comprennent pas vraiment le message délivré. Ceci est donc un facteur très important. Ceux qui maîtrisent parfaitement leur langue maternelle expriment très bien leurs sentiments et décrivent aisément leur culture. Ils savent aussi expliquer ce que les sentiments signifient. »


Docteur Süha Işık :

« Anadilini bilen insanlar diğer lisanı da iyi öğrenirler ve çok boyutlu düşünmeyi öğrenirler »

« Les personnes qui maîtrisent leur langue maternelle apprennent très bien les autres langues et adoptent un point de vue multidimensionnel. »

Professeur şebnem Bahadir, Université Mainz Gutenberg:

« Bir kişi içinde bir çok bakiş açışını verebilmemiz gerekiyor. Bu da çok dililiği sağlamakta mümkün.»

« Nous devons pouvoir donner aux gens la capacité d’avoir plusieurs points de vue. Ceci n’est possible qu’en garantissant le multilinguisme ».

Erkan Türkoğlu, professeur à l’Université de Köln:

« Anadil olmadan başarıyı yakalamak mümkün değil.»

« Il n’est pas possible de réussir sans la langue maternelle.»

Les arguments ci-dessus sont prouvés et très bien utilisés par les professeurs et chercheurs turcs en Allemagne et dans d’autres pays en vue de préserver la langue turque. De nombreuses écoles enseignant la langue turque existent en Allemagne, ce qui est très bien si l’on se réfère aux arguments précédents.

Cependant, il y a une chose qui me gêne dans ce raisonnement. Ces mêmes arguments visant à protéger les langues ne sont pas valables en Turquie et porteraient atteinte à l’unité de la nation turque.

Je propose que ces mêmes professeurs et chercheurs aillent expliquer aux dirigeants et à la population turcs que la langue kurde est la langue maternelle des Kurdes, ce qui lui donne donc le droit d’exister et d’être enseignée comme les autres langues. Sinon, il serait préférable qu’ils arrêtent d’être hypocrites au point d’être ridicules.


PS : La traduction en français est faite par Feqîyê Teyran.

mardi 25 mars 2008

NEWROZ LI HEMÛ KURDISTANÎYA PÎROZ BE

Les Kurdes, comme tous les ans, ont fêté le NEWROZ, leur nouvel an, le 21 mars. http://en.wikipedia.org/wiki/Newroz_as_celebrated_by_Kurds

Cette fête nationale est un moment de joie, de fraternité et surtout de PAIX pour les Kurdes. Cependant, les Etats turc et syrien célèbrent le NEWROZ autrement. Selon leurs traditions, il faut tuer le maximum de Kurdes. En effet, il y a eu 2 morts et de nombreux blessés en Turquie et trois morts en Syrie.


Comment expliquer cette barbarie lors d’une fête pacifique qui est le début du printemps ? Pourquoi une telle haine envers le peuple kurde ? Qu’avons-nous fait de mal ? Jusqu’à quand pourrions-nous rester citoyens de ces Etats barbares ? N’avons-nous pas le droit de célébrer nos fêtes en toute liberté comme les autres peuples ?

Je m’adresse aux grands défenseurs des libertés et de la démocratie : où êtes-vous ? Si vous défendez les libertés et les valeurs démocratiques SANS DISTINCTION, pourquoi ne condamnez-vous pas ces actes barbares ? Peut-être que nous ne méritons pas que ces braves hommes s’intéressent à nous.

Ce qui est certain, le peuple kurde a tout fait jusqu’à ce jour pour pouvoir exister et fera désormais tout pour obtenir ses droits même si cela devrait déboucher sur l’éclatement de ces Etats sauvages.

Feqîyê Teyran

dimanche 2 mars 2008

Quel péché avons-nous commis ?

A l’heure où le Kosovo accède à son indépendance avec la bénédiction des grandes puissances comme les États-unis et certains pays de l’Union européenne, les Kurdes ont eu droit, ces derniers jours, à des opérations militaires approuvées implicitement par ces mêmes puissances.

Que devons-nous faire pour plaire au monde entier ? Sommes-nous comme les Juifs qui doivent être persécutés pendant des milliers d’années pour enfin avoir la compassion du monde qui se déciderait à reconnaître notre existence ? Si c’est le cas, j’espère au moins que ce ne sera pas un Etat en Sibérie où il est difficile de danser.

Si l’on regarde l’histoire des Kurdes, on constate que ce peuple millénaire n’a jamais agi contre les intérêts de l’Humanité. Les Kurdes ont toujours pris part aux côtés des Hommes combattant l’injustice et oeuvrant pour la paix mondiale. Ils ne se sont jamais comportés injustement envers leurs voisins ou un autre peuple et en contrepartie de leur bonté, ils ont toujours été victimes d’oppression, voire de massacres et génocide.

Sommes-nous trop humains pour pouvoir exister en tant que nation ? Certains pays nous traitent de traîtres, de collaborateurs, enfin de tous les noms inimaginables. Je suis d’accord avec eux pour dire que nous sommes facilement manipulables. Cependant permettez-moi de poser à ces pays un certain nombre de questions qui relèvent du bon sens :

1) Tous les Turcs sont tous d’accords pour reconnaître que les Kurdes avaient été très actifs à leurs côtés dans la fameuse « Guerre d’indépendance ». D’ailleurs, ils le disent eux-mêmes lorsque cela les arrange. Mes chers amis Mongolo-Turcs, est-il normal et humain de traiter les Kurdes, qui vous ont aidés à obtenir l’indépendance de votre chère Turquie, comme un « sous-peuple» et de les priver de leurs droits naturels ? Est-ce votre manière de récompenser vos alliés ? Alors, je vous réponds : Entre alliés dont l’existence a toujours été renié et « traîtres » qui ont réussi à obtenir leur autonomie sur une partie de leur territoire historique, je préfère le statut de « traîtres » qui semble avoir plus d’avantage dans ce monde où les droits et les valeurs humains sont bafoués tous les jours.

2) Les Iraniens appliquent plus ou moins la même politique que leurs voisins turcs. Encore une fois, les Kurdes ont activement pris part aux côtés des Iraniens afin de renverser un pouvoir qui était considéré comme un régime autoritaire et irrespectueux des droits de l’Homme. Cependant, lorsque le Shah a été détrôné en 1979, les islamistes n’ont pas hésité à éliminer aussitôt les dirigeants Kurdes en vue d’empêcher d’éventuelles revendications. Les Kurdes ont donc été remerciés de cette manière pour leur courage et leur loyauté. Aujourd’hui, les groupes d’opposition au pouvoir en place tentent d’avoir le soutien des Kurdes et certains d’entre eux se permettent même de qualifier les Kurdes de « Américanistes ». Je leur réplique fermement : Nous soutiendrons les pays qui sont pour la démocratie et qui reconnaissent surtout le droit des Kurdes à l’autodétermination.

3) Le régime dictatorial de Saddam a pris fin lorsque les Etats-Unis ont décidé d’en finir avec ce dirigeant inhumain. Cette politique interventionniste américaine a constitué pour les Kurdes une occasion historique de consolider leurs acquis au sein d’un Etat fédéral. Pendant que les Irakiens sont en train de s’entretuer, les Kurdes préfèrent enterrer la hache de guerre et développer leur région dont ils ont obtenu l’autonomie dans les années 90. Malheureusement, les Irakiens sont jaloux des progrès que les Kurdes ont réalisés et estiment que les Kurdes collaborent avec les Américains à leur insu. Je réponds à ces Irakiens : Nous ne collaborons pas avec eux, nous tentons tout simplement de favoriser les intérêts de notre nation comme le font tous les autres pays du monde. N’oubliez pas que vous étiez bien contents d’organiser vos conférences, au Kurdistan, qui avaient pour objectif de renverser le régime de Saddam ! Ne soyez donc pas ingrats !

4) On pense que la Syrie n’est pas vraiment un pays qui dérange. J’ai envie de dire que c’est l’un des pires pays du Moyen-Orient en matière des droits de l’Homme. L’Etat syrien refuse de reconnaître juridiquement l’existence des Kurdes, ce qui explique pourquoi des milliers de Kurdes en Syrie (Kurdistan « syrien ») n’ont pas de carte d’identité. De plus, ces mêmes Kurdes sont victimes d’oppressions, voire de massacres. L’exemple le plus signifiant qui met en évidence le caractère sauvage de l’Etat syrien est la mort d’un député kurde qui a perdu la vie suite à la torture qu’il a subie. Je réponds à ces Syriens : Comment cohabiter avec vous alors que vous faites tout pour nous exterminer ?

Je m’adresse aux Etats qui ne souhaitent pas reconnaître l’existence des Kurdes. Vous avez deux choix simples : Exterminer le peuple kurde ou le reconnaître. Je pense que le deuxième choix est plus pertinent car les Kurdes disent toujours « Jîyan berwxedan e », « la vie est en elle-même une forme de résistance ». Par conséquent, tant que nous vivrons dans ce monde nous résisterons.

dimanche 23 décembre 2007

"Il faut absolument anéantir le peuple kurde si l’on souhaite vivre en paix"

Les Kurdes constituent un peuple de 30 à 40 millions d’individus, un peuple qui dérange de par son importance numérique et de par sa localisation géographique.

Comment se débarrasser de ce peuple ? Il pourrait exister deux solutions.

La première solution serait d’essayer de les assimiler, c’est-à-dire leur faire oublier leur passé, leur culture et leur langue. Des expériences de telle nature ont déjà vu le jour sous différentes dénominations telles que la « turquisation, l’arabisation ou la persisation ». Cependant, les Kurdes présentent une caractéristique qui rend ces politiques d’assimilation inefficaces. Les Kurdes sont têtus, ce qui est en réalité une qualité et non pas un défaut dans un tel contexte. Finalement, la première solution pour mettre un terme à l’existence des Kurdes, qui dérangent tant le monde entier, est peu satisfaisante.

La seconde solution demeure celle qui est actuellement appliquée. On pourrait l’appeler la solution « hard ». En 1915, les Arméniens ont eu droit à une telle solution que l’on qualifie, aujourd’hui, de génocide arménien. A cette époque, les Kurdes allaient aussi connaître le même sort que leurs amis arméniens mais l’assimilation avait été préférée du fait de l’importance numérique des Kurdes. Aujourd’hui, il semblerait que les dirigeants turcs soient de plus en plus favorables à la solution « hard » pour en finir avec les Kurdes. Aujourd’hui, cette dernière consiste à faire des frappes chirurgicales en lâchant des centaines de tonnes de bombes sur le Sud du Kurdistan (Kurdistan irakien). Bien entendu, ces frappes aériennes sont tout à fait « légales » au niveau international car ce sont des frappes « très ciblées ». D’après l’Etat major turc, les seules cibles touchées sont les méchants membres du PKK. Par conséquent, il est du devoir de la communauté internationale de soutenir vivement la toute « puissante armée » turque dans sa lutte contre l’existence d’un peuple qui mettrait en péril la paix mondiale. En d’autres termes, il faut exterminer ce peuple qui a un passé trop riche et qui concentre trop de ressources naturelles sur sa zone de peuplement. Un tel peuple dérange car il souhaite obtenir son indépendance et se réapproprier ses richesses naturelles en mettant place une structure étatique embryonnaire. L’exemple de la ville de Kirkouk illustre parfaitement ce cas de figure.

Chers lecteurs, sachez que le peuple kurde est aussi constitué d’êtres humains comme les autres peuples. Il s’agit d’un peuple qui ne souhaite qu’une seule chose: pouvoir bénéficier de ces droits naturels comme tout le monde. Si vous estimez que c’est une revendication illégitime et que les Kurdes n’ont pas le droit de coexister avec les autres peuples, il faut le dire ouvertement. Ils n’ont pas besoin des bombes turques. C’est un peuple qui sait mettre fin à son existence en toute dignité, c’est-à-dire disparaître honorablement. Si ce peuple a su exister et résister aux oppressions des Etats barbares, c’est parce qu’il était convaincu que le droit à l’existence en tant que peuple était un droit fondamental pour la communauté internationale.
Le silence de l’opinion publique internationale face aux attaques turques n’est qu’une négation évidente de ce droit.

lundi 5 novembre 2007

Qu’auriez-vous préféré ?

A) Le PKK aurait dû tuer les 8 soldats turcs pris en otages pour éviter à la Turquie l’humiliation.
Traduction: "Je ne suis pas content que les soldats soient libérés" .
Propos du ministre de la justice
B) Les soldats turcs et les combattants du PKK devraient se serrer plus la main pour mettre un terme au conflit kurdo-turc. (cf: photo ci dessus)

Lors d’une attaque des combattants du PKK il y a deux semaines, l’armée a subi un coup fatal. Une dizaine de soldats ont trouvé la mort et de nombreux soldats ont été blessés. L’aspect le plus humiliant de cette attaque pour la « toute puissante armée » turque était l’enlèvement de 8 soldats. Dans le jargon de l’Etat-major turc, il ne faut surtout pas parler « d’enlèvement », il s’agit plutôt « d’une perte de contact ». Autre erreur à ne pas commettre dans le jargon militaire turc: En cas de libération, le terme de « retour » est plus approprié. On voit à quel point la richesse et la finesse de la langue turque permet d’exprimer la « vérité » avec une précision linguistique inimaginable.

La « toute puissante armée » de Mustafa Kemal, comme on vient de le voir, est très douée pour mettre en place un jargon sophistiqué mais malheureusement elle semble encore incapable de former des soldats prêts à mourir pour la nation. En d’autres termes, les soldats turcs ne sont assez formés militairement et mentalement pour défendre l’honneur de la nation turque.

Les « méchants » combattants du PKK ont pris conscience de cette malheureuse faiblesse de l’armée turque et l’exploitent abondamment à travers leurs moyens de communication. La libération des 8 soldats est perçue comme une atteinte à la dignité de la nation turque. Toutes les personnes impliquées dans cette affaire de libération vont être entendues par la justice turque. D’ailleurs, c’est l’occasion pour la Turquie de déposer, en tant que victime, une plainte auprès de la Cour européenne des Droits de l’Homme pour atteinte à la dignité de la nation turque.

Il est extrêmement difficile de comprendre et de décrire la mentalité de ces Turcs qui regrettent la libération de leurs soldats. Comment pourrait-on considérer ces pauvres soldats comme des traîtres parce qu’ils ont été pris en otage indépendamment de leur volonté ? Le ministre de la justice turc, Mehmet Ali Sahin (né dans une ville nationaliste), affirme clairement qu’il n’est pas content de savoir que ces soldats ont pu être libérés. Beaucoup de Turcs, très fiers de leur armée, n’hésitent pas à dire que ces soldats auraient dû être tués et se faire exploser pour mériter le statut privilégié de « Martyr » et honorer les autres martyrs. Il y a une chose que l’on a du mal à comprendre : Les Turcs veulent-ils la fin du conflit pour pouvoir vivre en paix et fraternité avec les Kurdes ou souhaitent-ils toujours plus de morts, notamment des martyrs, en vue de montrer au monde entier le sacrifice nécessaire, mais en réalité inutile, au maintien de la « nation kémaliste » qui refuse de reconnaître la diversité existante en Turquie.

En libérant ces 8 soldats turcs, le PKK affiche sa volonté d’arriver à une solution politique et pacifique. Les Kurdes veulent tout simplement que leur identité ainsi que tous leurs droits soient reconnus dans la Constitution turque. Le temps de régler pacifiquement la question kurde est arrivé. Aucune solution militaire n’est efficace à long terme, elle ne sert qu’à soulager certains nationalistes.

Les médias turcs doivent cesser de jouer avec les sentiments du peuple turc et d’instaurer un sentiment de haine entre les peuples kurde et turc. Il faut savoir que toutes les guerres ont une fin et cette fin est le début d’une paix. Par conséquent, les médias turcs et kurdes doivent absolument préparer, de par leurs messages, l’instauration d’une paix juste et durable.

mercredi 24 octobre 2007

Basit sorular, Dürüst cevaplar

Herkesin bildiği gibi Türkiye Kuzey Irak’a askeri bir operasyon yapmak istiyor. Tabii böyle bir durumda çok büyük kayıplar olacak. Türkiye bir felakete sürükleniyor. Türk milleti fazlasıyla duygusal davranıyor, yani milliyetçi duygularıyla kendini tatmin etmek istiyor. Son linç olayları bu ucuz miliyetçiligin negatif sonuçlarını gözler önune sermektedir.

Artık Türkiye’de miliyetçilik bir rant haline gelmiştir. Demokrat, entelektuel ve liberal sandığımız kesim bile milliyetçi olmaya başlıyor. Burda kesinlikle milliyetçi ve vatansever amalgamını yapmamak lazım. Türkiye’de vatansever kalmamış, kalsaydı bazıları çıkıp bu duruma mudahele ederdi. Ne yazıkki, milliyetçilik hastalığı bütün Türkiye’yi sermiş. Bu hastalığın ilginç boyutu Türkiye’nin dışından gelmesidir. Ertuğrul Özkök gibi kökenleri beli olmayan ve dışardan gelip milliyetçilik hastalığını hakiki vatansever insanlara bulaştıranlar, Türkiye’yi ıraklaştırmak istiyorlar.

Bu milliyetçilik hastalığı ortandan kaldırılırsa, bu basit sorulara rahatlıkla cevaplar bulunabilir.


Kürtler Kürt mü ? Yoksa, Dağ Türkleri mi?

Bence, bu sorunun cevabı çok basit çünkü artık Kürt kelimisini eskiden bir yemek adı sanan yabancılar bile Kürtlerin dunyanın en önemli devletsiz ulus olduğunu biliyorlar.

Kürdistan diye bir coğrafiya var mı?

Evet, Kürdistan kürtlerin çoğunluk olduğu tarihi bir bölgedir. Resmiyette bu bölgenin ismi ya Güneydoğu, ya Kuzey Irak olabilir ama Kürtler için hiç bisey değismez, her zaman Kurdistan kalacak, yani Kürtlerin yeri. Eğer bir milletin varliğını kabul edersen, ister istemez ona ait olan toprağıda kabul edersin. Son günlerde, Türk siyasetcileri ve gazetecileri “Kürt-Türk çatısmasından” bahsediyorlar. Anladığıma göre artık Kürtlerin varlığı teorik olarak inkar edilmiyor. Buda demeki, Kurdistan var anlamına geliyor. Tabii, bu sonuç sadece mantıkığa dayalı basit bir uslamlama sonuçudur. Bir gerceği inkar etmek kendi mantik ile analitik kapasitesini inkar etmektir.

Türkiye’de, Iran’da, Suriye’de ve Irak’taki Kürtler tek bir ulus oluşturuyorlar mı?

Burda bir gerceğin altını çizmek lazım. Kürtlerin arasında bazı önemsiz kulturel veya lenguistik farklıklar var, buda Kurdistan’ın dört parçaya bölünmesinden kaynaklanıyor. Ama Kürtler tek bir ulustur ve Kürt ulusun varlığını gösteren karakteristikler süphesiz inkar edilemez. Alman ulus anlayışına bakarsak, Kürtler tamamen bir ulustur. Fransız ulus anlayşını göz önünde bulundurursak, Kürtler bir uluslaşma sürecinde. Yani kısacası, Kürtler modern bir ulus oluşturmakta çünkü Kürdistan’da yaşayan azınlıklarıda eşit bir statüyle kabul eden bir ulus.

Niçin Türkler Kürdistan kelimesini duyunca çıldıyorlar?

Kendilerini önemli aktörler olarak gösteren ve Türkiye’nin kaderi belirleyen bazı insanlar Kürdistan kelimesini görünce kendilerini kaybediyorlar. Kalmadık köfür ve ahlak dışı kelimer kulanıyorlar. Bu durumu anlamakta güçlük çekiyorum. Bu olağanüstü korkuyu bize birileri anlatabilir mi? Benim bildiğim kadar, Kürdistan, Kafkaslar'ın güneyi ve Orta Doğu'da, Türkiye, Irak, İran, Suriye, Ermenistan ve Azerbaycan topraklarının bir kısmını kaplayan bölgeyi tanımlamak için kullanılan bir terim. Kısacası bu bölge Kürtlere ait.
Maalesef, Kürtleri kardeşleri gibi gören Türkler Kürdistan kelimisini duyunca kan kusuyorlar. Bu mu kardeşlik anlayışları? Artık bu demagojiye son vermeleri lazım. Kardeşlik demek eşit yaşamak demektir. Eğer bizimle kardeşçe yaşamak istiyorsalar, ilk önce kardeşlik sartlarını öğrenmeleri lazım.

Belkide bügüne kadar yaşanan acılar birbirimizi anlamamaktan kaynaklanıyor. Artık basit sorulara dürüstçe cevap vermenin zamanı gelmistir.

Feqîye Teyran

jeudi 18 octobre 2007

Pour ou contre une guerre entre Kurdes et Turcs ?

D’emblée, il faut signaler qu’il ne s’agit pas du tout d’un sondage. C’est tout simplement une question d’actualité brûlante qui concerne les intentions de l’armée turque d’intervenir au Kurdistan du Sud afin « d’éliminer définitivement les guérilleros du PKK », parti séparatiste kurde.

Le parlement turc a approuvé, cette semaine, l’autorisation permettant à l’armée d’intervenir au Kurdistan du Sud pendant un an. Bien entendu, ce vote était en quelque sorte une façon de soulager les nationalistes turcs qui ne cessent de revendiquer cette fameuse intervention militaire tant attendue. Une revendication qui se faisait pressante, notamment après la mort d’une dizaine de soldats turcs dans le Sud-est de la Turquie (Kurdistan du Nord). Il faut tout de même souligner que ces soldats tués n’étaient pas tous Turcs, huit d’entre eux étaient Kurdes. Malheureusement, il s’agit, en réalité, plus d’un conflit forcé entre Kurdes qu’une guerre entre Kurdes et Turcs. En effet, l’Etat turc n’hésite pas à mettre en première ligne les soldats d’origine kurde lors des opérations militaires menées contre les guérilleros du PKK qui sont eux aussi Kurdes. Finalement, peu importe de quel côté sont les victimes car la plupart du temps, les victimes sont Kurdes.

Lorsque l’on voit le montant record récolté pour la fondation de l’armée turque en l’espace de quelques jours, on est forcément amené à penser que les Turcs sont favorables à une intervention militaire au Kurdistan du Sud. Les Turcs ne sont pas les seuls à soutenir une éventuelle opération militaire, certains Kurdes turquisés comme Yilmaz Erdoğan (quel dommage !) y sont favorables aussi afin d’être bien vus aux yeux de l’opinion publique turque.

Jusque là, on est tous d’accord que les Turcs sont pour la guerre. D’ailleurs, ces derniers temps, de nombreux artistes, qui devraient en principe s’opposer à la guerre, ont également manifesté, notamment financièrement, leur soutien à l’armée turque. Le moment est donc venu, pour les Turcs, de commencer la guerre, enfin essayer de détruire le Kurdistan du Sud. C’est un Etat fédéré kurde au Nord de l’Irak dont le développement politique et économique est jalousement observé par les Turcs qui n’ont qu’une seule obsession, c’est de l’anéantir. La volonté de mettre un terme à l’existence du PKK au Kurdistan du Sud n’est qu’une excuse pour détruire les acquis des Kurdes que les Turcs ne peuvent pas supporter.

Si la guerre se déclenche, il ne faut pas accuser les Turcs de l’avoir provoquée comme le dit si bien le rédacteur en chef, Ertuğrul ÖZKÖK, du quotidien turc, Hürriyet. Dans un de ses articles daté du 16 octobre 2007, Ertuğrul ÖZKÖK, Turc d’origine bulgare comme beaucoup de nationalistes turcs, lance un appel aux Kurdes du Sud sous forme de «conseil turc ». Voici quelques extraits traduits de l’article.



Si j’étais un kurde iraquien, je regarderais, abondamment, les films traitant du Vietnam.
En particulier, les films qui racontent les retraits américains du Vietnam. »

Je conseille aux kurdes, se trouvant de part et d’autre de la frontière, qui ont des attentes de la tension entre les Etats-Unis et la Turquie, qu’ils regardent les films traitant le Vietnam.
La Turquie est un grand Etat.
L’Iran est un grand Etat.
La Syrie est un grand Etat.
Et les Kurdes n’ont pas encore d’Etat.
La vie n’ira pas ainsi par là.
L’Amérique partira d’ici un jour et nous resterons entre nous.
Malheureusement, ceux qui tirent avantages de cette querelle, sont les quelques Kurdes, qui hier, aujourd’hui et demain, peuvent trouver refuge auprès des Américains.
Il n’est pas certain qu’ils retrouvent une Turquie généreuse, une fois qu’ils se retrouveront face aux Arabes d’Irak, à qui, ils ont tourné le dos.


Je sais très bien, que la souffrance que nous, la nation turque, éprouvons, et notre irritation resteront minimes comparées à la tragédie qu’ils vont vivre.

Il est vrai qu’il ne faut surtout pas en vouloir à nos amis turcs qui font tout pour éviter la guerre. L’article de Ertuğrul ÖZKÖK est la plus belle preuve de « conseil » que l’on puisse faire à une nation sans Etat comme il le dit.

Nous, en tant que peuple kurde, remercions tous les Turcs et particulier notre ami bulgare, Ertuğrul ÖZKÖK, de nous prévenir des conséquences qu’une éventuelle guerre pourrait engendrer. Que les choses soient claires ! Nous n’avons jamais adopté une attitude belligérante. Notre seul souhait est de vivre en toute liberté comme tous les autres peuples. Nous ne voulons plus être opprimés à cause de notre identité. Si les trois « grands Etats » (la Turquie, l’Iran et la Syrie), comme le dit Ertuğrul ÖZKÖK, continuent leurs attaques inhumaines contre nous, nous utiliserons nos droits légitimes qui constituerons le début d’un « cauchemar vietnamien » pour les partisans de la guerre et peut-être la fin de ces « grands Etats » comme cela a été le cas en Irak. Il est fondamentalement important de rappeler de nouveau que nous sommes pour une paix durable et juste, c’est-à-dire une paix permettant à tous les peuples de vivre en harmonie et libres.

Feqîyê Teyran